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Essais
rochelliens
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«
Je n'écris
pas pour n'importe qui,
j'écris ça pour quelques-uns. » Révolution
Nationale 1944
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Mesure
de la France
1922
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Honte
à ceux qui se plaignent de leur destin.
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Nous
n'avons pas couché seuls avec la victoire.
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La
suite dans les idées
1927
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Ni
athlète, ni guerrier, ni époux, ni poète, ni prêtre,
je me
suis fait scribe.
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Le
Jeune Européen
1927
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Je
suis né à une extrémité de la terre, là
où finissent les invasions.
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Je
me sentais encore plein de curiosité : je
suis un adhérent infatigable à la vie.
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Le
seul idéal complet c'est de mélanger le
saint et le héros, l'homme et le dieu.
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Je
suis désespéré, moi l'Européen, j'aime
encore tout ce qui fut et qui s'en va.
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Après
tout je ne suis pas qu'un écrivain, je
suis un homme en proie au problème total.
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Genève
ou Moscou
1928
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Il
n'est plus d'ordre à sauver, il
faut en refaire un.
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Le
capitalisme veut communiser la consommation,
c'est-à-dire
qu'il lui faut la rendre égalitaire; l'idée
de standard ne veut pas dire autre chose.
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Il
faut porter notre méditation au-delà du
capitalisme et du communisme.
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Je
suis de ceux-là qui dans une génération font la liaison,
à
leurs risques et périls, entre la Cité et l'Esprit.
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L'Europe
contre les patries
1931
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Après
tout, ce qui est vieux est près d'une nouvelle jeunesse; l'hiver
est près du printemps.
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Socialisme
fasciste
1934
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Nietzsche
est un poète, un artiste. Son
enseignement est multiface, sibyllin
comme celui de tous les artistes. Cet
enseignement se dérobera toujours à
toute prise de possession définitive par
les gens d'un parti et d'un moment et
il sera toujours ouvert par quelque côté à
la quête d'un autre parti dans
un autre moment. D'un
côté ou de l'autre ce ne sera jamais qu'un
résidu de sa pensée qui aura été livré
à
la brutale exploitation des gens de main. Ceci
dit, essayons de surprendre ceux-ci en
train d'apposer leurs grilles sur les textes du solitaire.
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3°
Nietzsche, en posant sous la forme de la
Volonté de Puissance l'autonomie de
l'homme au milieu de l'univers, et
l'autonomie de l'action de l'homme, indique
par voie de conséquence que la cellule de
l'énergie humaine, du mouvement social, c'est
l'individu capable du maximum d'action, l'individu
élite, le maître.
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Le
nietzschéen au contraire croit que dans
un monde contingent, à l'instant même, son
action peut faire explosion et transmuer la
face de l'univers.
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Le
propre de l'esprit n'est-ce point de s'opposer à
toute fatalité ?
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Je
me fous de l'égalité. Ou
plutôt je la déteste comme toutes les choses qui
n'existent pas.
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Je
cherche dans le socialisme de forme européenne, le
fascisme, cette nouvelle aristocratie.
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Je
ne suis pas sceptique, je suis espiègle.
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J'ai
tellement lu Nietzsche : le
pessimisme me semble la plus grande joie. Merci,
Nietzsche.
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J'aime
les analogies, les simplifications. En
les multipliant, je retrouve la subtilité.
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Nous
nous battrons contre tout le monde. C'est
cela, le fascisme.
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Le
nationalisme est un fait extérieur au capitalisme, supérieur
au capitalisme.
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Notes
pour comprendre le siècle
1941
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-
L'Europe tient au Moyen Age comme l'être mûr tient
à la jeunesse. Tout ce qu'elle a de dru lui vient de là.
Elle
doit renouer des liens avec ce qui de
cette verve première est irremplaçable.
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Je
me réfère au passé... Mais ce n'est pas au passé,
c'est
à la jeunesse.
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- Je
ne suis pas du passé, je suis de la vie.
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Au
plus profond de la déchéance, de la décadence, l'homme
reprend pied.
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Nietzsche
est le saint qui annonce le héros.
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-
Le totalitarisme offre les chances d'une double restauration corporelle
et spirituelle à l'homme du XXe siècle,...
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-
L'homme totalitaire cherche cette seule liberté qui
est puissance et plénitude, dans la discipline de
ses passions et le renoncement gradué de l'une à l'autre,
jusqu'a
un sommet évanescent. Il
n'y a de liberté que là.
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Chronique
politique 1934-1942
1943
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Voilà
le courage : l'équilibre entre l'élan de
l'enthousiasme et la réaction de la peur.
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La
définition la plus profonde du fascisme, c'est
celle-ci : c'est
le mouvement politique qui va le plus franchement, le
plus radicalement dans le sens de la grande révolution des
moeurs, dans le sens de la restauration du corps - santé, dignité,
plénitude, héroïsme - dans le sens de la défense
de l'homme
contre la grande ville et contre la machine. Le
fascisme qui, par ailleurs, assimile ce qui est possible du
socialisme sans tomber dans l'utopie, dépasse
le socialisme par son sens de l'homme.
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Nous
rendrons à la République ses libertés, parce
que nous sommes le parti de l'esprit vivant contre
la lettre morte.
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Nous
faisons un parti français qui abrite les français,
en
attendant de refaire l'État français.
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Non,
la France n'est pas que raisonnement et
elle n'est pas non plus que sentiment. Elle
est les deux et bien d'autres choses. Comme
la vie, elle se rit des définitions.
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Quand
les français n'auront plus honte d'eux-mêmes, qu'ils
auront le courage - qu'ont tout naturellement les
enfants - de se regarder dans les yeux les
uns les autres et de crier : 'Vive
la France !', de chanter, de
tendre le bras vers la destinée.
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Quand
les français se remettront à vivre. Alors,
il fera bon vivre en France.
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Qu'est-ce
que l'humanisme ? La
recherche et le maintient du point d'équilibre entre
ce qui chez l'homme est animal et
ce qui est désincarné, entre ce qui est trop brutal et
ce qui est trop pur.
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Qu'est-ce
que le fascisme, après tout ? Le
nom que prend en notre siècle l'éternelle
nécessité humaine.
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Le
français d'Europe
1944
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Je
suis fasciste parce que j'ai mesuré les
progrès de la décadence en Europe.
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...Cet
amour implacable, intransigeant, immoral que
je voudrais avoir
la force de mettre au
service de l'Europe.
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Céline,
lui, est bien équilibré. Céline a le sens de la santé.
Ce n'est
pas sa faute si le sens de la santé l'oblige à voir et
à mettre en lumière toute la sanie de l'homme de notre temps.
C'est
le sort du médecin qu'il est, du psychologue foudroyant et
du moine visionnaire et prophétisant qu'il est aussi.
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Il
y a du religieux chez Céline. C'est
un homme qui ressent les choses sérieusement et qui, en
étant empoigné, est contraint de crier sur les toits et
de hurler au coin des rues la grande horreur de ces choses.
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Le
style même de Céline se justifie par la nécessité.Comment
montrer la vérité de notre temps dans
tout son stupre démocratique et primaire, dans
son immoralisme à la petite semaine, dans
son épicurisme de faubourg, dans
son obscène inculture de salon, dans
sa désespérance qui craint d'être faraude, si
l'on ne rompt pas avec tout académisme, si
l'on n'avoue pas par un procédé patent de
la syntaxe le désastre de l'être usé et tordu.
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Il
y a un temps où le sang en coulant sépare, il
y a un temps où le sang en coulant unit.
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L'Europe
ne peut pas vivre sans ses patries et, certes,
elle mourrait si en les tuant elle
détruisait ses propres organes; mais
les patries ne peuvent plus vivre sans l'Europe.
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Le
secret du vrai socialisme, c'est
de sauver les êtres humains de l'individualisme, sans
tuer les fortes personnes.
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L'homme
qui aime la force est un passionné, un fanatique.
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Léon
Daudet est mort. Il appartenait à un monde qui
achèvera de mourir peu de temps après lui. Un
monde parisien où la littérature et la politique se confondaient.
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L'Action
Française a été avec la Nouvelle Revue Française
(d'avant-guerre),
l'institution littéraire la plus réussie du
premier quart du XXe siècle, dans le monde entier.
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Tandis
que Daudet était drôle. C'est beaucoup, ça se regrettera.
Heureusement
que nous avons Céline.Mais
Céline a dans l'oeil une horreur que Daudet ne pouvait voir, étant
né à une époque encore légère.
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Qu'est-ce
que le sacré ? C'est
l'incrustation dans le comportement humain par
des usages efficaces de tout ce qui est nécessaire à
l'humain, du visible et de l'invisible.
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C'est
là vraiment le dilemme faustien : la
puissance ou l'amour.
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Tel
est l'enfer, la perte de l'âme.
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C'est nous qui sommes l'Europe ! L'Europe
aux Européens ! Les
Anglo-Saxons, foutez le camp !
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Le
fascisme correspond à deux grandes nécessités : 1°
diriger l'économie, et 2°
prendre en charge politiquement, moralement et
spirituellement les grandes foules modernes abandonnées
par les anciennes autorités.
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Dans
les formations qui ont passé pour fascistes, on
a vu beaucoup de réactionnaires et beaucoup de modérés
et beaucoup
d'anti-communistes. Or,
un réactionnaire est le contraire d'un fasciste, et
un modéré n'étant rien ne peut pas être fasciste
plus
qu'autre chose.
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Le
Fascisme n'a pas été assez socialiste. Tant
pis pour lui !
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Un
vrai fasciste est un socialiste et
un socialiste n'est vrai que si, à
un moment ou à un autre, il
mérite l'appellation de fasciste, parce
que c'est un homme de combat et d'autorité, autant
que de colère et de rupture à l'égard du capitalisme.
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