Romans rochelliens
 
 
 
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« Je n'écris pas pour n'importe qui,
j'écris ça pour quelques-uns. »
Révolution Nationale • 1944

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État civil • 1921
 
Saurais-je un jour raconter autre chose que mon histoire ?
 
Je suis l'astre solitaire qui illumine le monde.
 
Il n'y a qu'un moment éternel, le moment où je pense.
 
Enfin, j'aime la France comme une femme rencontrée dans la rue. Elle m'apparaît inquiètante, fascinante comme le hasard. Puis, je l'aime à jamais, son visage devient solennel, c'est celui de la Destinée.
 
Le patriotisme existe comme l'amour en dehors des patries... Il n'y a rien de plus fort que ce qui lie des hommes entre eux, au milieu des autres hommes.
 
J'ai vécu solitaire comme Robinson Crusoë. Ce beau mystère, celui de la solitude de notre planète parmi les astres, je l'ai vécu comme jamais je ne saurai le revivre par l'artifice de l'esprit.
 
Nous étions possédés par l'esprit de subversion. Nous méprisions et haïssions les gens âgés. Nous étions aveugles et violents. Nous ne songions qu'à l'émeute.
 
J'étais maître de moi, maître absolu. J'atteignais à l'autorité totale. Je libérais l'entière puissance.
 
J'étais grand, blond. Les yeux bleus, la peau blanche. J'étais de la race nordique, maîtresse du monde. J'étais droit, dur, avec des ruses directes. Naïf, plein d'un égoïsme généreux. Une secrète mystique, au fond du goût de la puissance... Je n'ai jamais songé du reste à aller en Scandinavie où notre race trop pure s'anéantit dans la perfection.
 
Je fus entièrement possédé par l'idée de décadence et à jamais.
 
 
L'homme couvert de femmes • 1925
 
J'ai plus pensé aux femmes qu'à Dieu et à ses hommes.
 
Certes, je ne renonce pas à rêver ma vie mais je prétends aussi vivre mes rêves.
 
 
Une femme à sa fenêtre • 1930
 
Se donner à ce qu'il y a de plus fort dans le monde de ce temps.
 
 
Le feu follet • 1931
 
Je suis dans une angoisse perpétuelle.
 
La vie n'allait pas assez vite en moi, je l'accélère. La courbe mollissait, je la redresse. Je suis un homme.
Je suis maître de ma peau, je le prouve.
 
 
Drôle de voyage • 1933
 
Se jeter dans le piège étroit d'une femme ou fuir, toujours fuir ?
 
 
Gilles • 1939
 
On est plus fidèle à une attitude qu'à des idées...
 
Nous autres, jeunes hommes, nous devons nous méfier de tout, nous qui sommes prêts à aimer tout.
 
L'homme semble aveuglé par la passion mais ne l'est pas. Au moment où il se perd, il sait ce qu'il fait, il se voit le faisant, en réalité, il choisit.
 
 
L'homme à cheval • 1943
 
C'est le corps d'un cavalier, c'est l'âme d'un solitaire
et c'est l'esprit d'un chef.
 
 
Les chiens de paille • 1944
 
Un écrivain, qui est un socialiste européen, qui dénonce l'invasion et la destruction de l'Europe, a écrit cette brève histoire en même temps que des articles de combat.
 
Un personnage n'est jamais l'auteur ; un personnage n'est jamais qu'une partie de l'auteur.
 
La décadence, toujours la décadence... La vie est une perpétuelle décadence depuis le début.
 
Il faut sacrifier les autres et se sacrifier soi-même.
 
 
Le feu follet suivi de Adieu à Gonzague • 1963
 
L'argent, le succès. Tu n'avais à choisir qu'entre la boue et la mort.
 
 
Les maximes de Drieu La Rochelle